Carl de Moncharline, le Ket de Bxl


Description

Rencontre avec Carl de Moncharline, le ketje de Bruxelles qui est continuellement en recherche de concepts citoyens où chacun peut aller à la rencontre de l’autre. Un rassembleur ? Un précurseur ? Un idéaliste ? Chacun est libre de son opinion.

Ancien directeur artistique du Mirano et patron du Who's Who's Land avec son fidèle associé, Serge Vanderheyden, Carl de Moncharline est une figure importante du monde de la nuit et de la culture à Bruxelles. Il ne calcule rien et surtout pas sa vie. Tout ce qu’il affirme, c'est qu'un coup de cœur est plus agréable quand il est partagé. A l’image d’un bon repas. Il reste égal à lui-même et fait tout cela seulement pour vivre sa vie et pour s'éclater. C’est l’essentiel. Il s’amuse et amuse les gens… tant mieux ! "Et puis les gens qui critiquent… font-ils des choses ???"
 

Waterloo-Way - 01. Que peut-on te souhaiter pour l’année 2009 ?
Carl de Moncharline : De chouettes nouveaux événements. Un Carnaval réussi et sans pluie !

Waterloo Way : 02. Un mot sur le nouveau projet  "Balloon’s Day Parade" qui se déroulera en février 2009 dans le cadre de l’année de la Bande Dessinée ?

  Carl de M. : La volonté de la Ville de Bruxelles fut d'une part, de mettre Bxl à niveau par rapport aux autres capitales internationales. On a engagé une série d’événements pour rehausser le niveau. Cela a commencé par le Marché de Noël ("Plaisirs d’Hiver"), la Plage ("Bxl Les Bains"), les "Nuits Blanche", les Musées ouverts, les terrasses de café ouvertes jusqu’à 2h du matin, etc. D’autre part, en toute logique, il était aussi question de lancer un Carnaval à Bxl. Cela n’est pas évident puisque le Carnaval s’appuie sur des traditions séculaires. Alors qu’il n’y a jamais vraiment eu de tradition carnavalesque à Bxl au sens global des 19 communes. Puisque celles-ci ont une grosse identité, il y avait des petits carnavals par-ci, par-là. Il n’y a jamais eu de courant majeur. Toute mon équipe part sur des bases pratiquement vierges.


Puis l'histoire des ballons tombait bien pour diverses raisons :
D’une part, pour rejoindre l’idée des "Géants", personnages typiques de Bruxelles ou rejoindre d’autres carnavals dans le monde qui intègrent les géants. Sauf qu’ici, il s’agit de géants d’une nouvelle ère : des ballons gonflés à l’hélium atteignant jusqu'à 20 mètres de haut. D’autre part, pour approcher le domaine de la BD puisque 2009 est l’année de la bande dessinée. Autre corrélation : le ballon représente la bulle. Tous les ballons auront un look BD ou cartoon. Les ballons géants représenteront le folklore bruxellois, des personnages issus de la bande dessinée belge et d'autres figures qui raviront les enfants autant que les adultes.

Toute cette conjoncture a fait en sorte que l’on a "dessiné" ce projet. C’est la première fois à Bruxelles et en Europe que cette parade aura lieu. Cela fait 85 ans qu’elle se déroule à New-York. Cela se passera le temps d’un après-midi, le 28 février 2009. La parade partira à 13h30 de la Gare du Midi en déambulant sur les grands boulevards pour aboutir à la Gare du Nord vers 17h. Ce défilé haut en couleurs sera accompagné de fanfares et de diverses animations.

Quelques questions sur mode "People"

Waterloo Way : 03. Mode Ségolène Royal : "Est-ce important la ‘Charmitude’ "?
Carl de M. : S’il faut tenir compte de la non-réussite de Ségolène, je dirais non. Les individus sont complexes et à multiples facettes, heureusement. L’une d’entre elles ne doit pas masquer l’autre, que ce soit une défaillance ou une autre fragilité. L’individu doit être complet. Le charme en fait partie comme une série d’autres paramètres. Le point que je souligne est que toute personnalité doit être multiple et ne pas revendiquer comme étant uniquement l’une ou l’autre chose restrictive.

 

Waterloo Way : 04.  Mode Sœur Emmanuelle : "Carl, qu’as-tu fait pour les autres ?"
  Carl de M. : Mais je n'ai fait que cela. C'est bien simple, toute ma vie a été d'organiser des choses pour les gens : des concerts, des soirées, des défilés, des événements. La plupart de ces événements sont gratuits. C’est un modèle économique quasi unique au monde. La plupart des choses à notre époque sont payantes. Ici, c’est gratuit. On fait payer les multinationales. Ce sont elles qui finalement paient et offrent l’événement aux gens. Mon chemin de vie n’a été que cela. Naturellement, j’en retire un certain plaisir. Je fais partie des gens privilégiés ayant la chance de faire des métiers qu’on aime. Et le plus délicieux de tout, la cerise sur le gâteau, c’est de pouvoir faire partager cela aux autres. Cela fait amplifier mon bonheur.

On peut comparer cela à une personne qui va manger seule au restaurant, c’est moins gai, c’est moins bon que si elle était accompagnée. Le plus gai, c’est de pouvoir partager son repas ou son bonheur. T’as plus de plaisir. Ici, un événement multiplie le partage et le plaisir que j’en retire est proportionnel au nombre de personnes qui viennent. Plus il y de monde plus c’est jouissif.

 

La mécanique du début est très égoïste. Je dis toujours aux gens que je fais les choses pour moi, pour me faire plaisir parce que j’ai envie d’y arriver, d’aboutir à quelque chose. Du plaisir que je partage par la suite. Un peu comme un cuisinier qui au début prépare des plats pour lui, pour son propre plaisir et c’est seulement au moment où le partage s’opère que les saveurs s’ouvrent et que les choses prennent toute leur délectation.

Waterloo Way : 05. Mode Marc-Olivier Fogiel : "C’est quoi, ces grandes lunettes noires, un repère, une coquette décoration ou t’es vraiment myope ?"
Carl de M. : D’abord je ne suis pas myope du tout. Je suis astigmate, hypermétrope et presbyte. Dans la mesure où il faut porter des lunettes, autant trouver une paire qui corresponde à sa personnalité.
 
Waterloo Way : 06.  Mode Jamel Debbouze : "En quoi t’es spéliacizé ? T'es pas très connu en France et ne me dis pas que c’est pas vrai."
 
 
Carl de M. : J'ai travaillé 2 ans à Paris dans les plus grands clubs parisiens :  au Bataclan, au Queen, au Palace, aux Folies Pigalle. La vitesse de communication qui s’opère en France est hallucinante. Elle est telle qu’en deux heures, tu peux devenir une vedette. Le modèle le permet. La Presse arrive étant à l’affût d’informations : les télés et grands quotidiens. Si tu as des compétences et qu’elles sont affirmées, tu es starifié immédiatement, tu es leur gagne-pain. Je n’y suis pas resté tout simplement parce que je n’aime pas Paris. C’est une ville qui, selon moi, est trop égoïste, où c’est "chacun pour soi" et où il règne trop de misère. Mais surtout une ville où on laisse les gens mourir dans la rue. Je caricature un petit peu le profil de la ville. Ce mode de vie anti-social ne me plait guère.
 
Pour en revenir à la question : aujourd’hui, les gens sont connus dans la sphère où ils exercent. Oui, mon nom est connu dans mon secteur : le night life ou la culture comme le Truc-Troc.

On fonctionne fort en communauté. Si je vais à New-York, ville toute aussi cosmopolite que la première, je connais des gens. Idem qu’à Paris, je suis connu dans mon secteur. Comme les gens tournent souvent au sein du même secteur d’activité, automatiquement, on finit tous par se retrouver. D’autant plus que j’ai des missions au sein de plusieurs secteurs d’activité en des domaines différents. Inévitablement, plus ton spectre de contacts est large, au plus tu connais des gens. Je ne suis pas un people parisien car je n’exerce pas ma profession sur le territoire français.
 
Waterloo Way : 07. Mode Mireille Dumas : "Quel est ton secret ? Ce qui te rend éternellement jeune ?"
Carl de M. :
D’abord, nous ne sommes pas éternellement jeunes. Pour moi ce qui est le plus important dans une vie, ce n’est pas d’être jeune ou d’être vieux, c’est d’être vivant. Je connais beaucoup de jeunes qui sont déjà "morts" et beaucoup de vieux qui sont encore "vivants", ce qui par définition fait en sorte que ces derniers sont plus jeunes que les premiers déjà morts avant d’avoir vécu. Car quand tu es vivant, tu es actif, tu es ouvert, tu es à l’écoute. Et tu fais encore partie de ce monde. C’est là, la seule vrai valeur. Le fait que tu sois jeune ou vieux n’a aucune importance. Tu es de toute façon connecté à tout ce qui crée l’actualité, à ton environnement culturel ou social que tu aies dix ans ou quatre vingt ans. Et tant que tu es là-dedans sur une échelle de temps d’un siècle dans laquelle le savoir et les connaissances de chacun se trouvent, à n’importe quel endroit, tu vis ton "monde", ton "univers" et c’est déjà assez exceptionnel ainsi.
 
 
Waterloo Way : 08. Revenons sur un mode plus sérieux. Brosse-nous les grands traits de ton parcours. De tes job d’étudiants à … demain.
 
Carl de M. : Je suis autodidacte. Je n’ai pas fait d’études. Je n’ai retenu que les matières que je préfère. Etant issu d’une famille bobo, étant très engagé, militant et pacifiste, à 18 ans, j’ai fait une campagne d’affichage contre la pollution à Bruxelles puisqu’il n’y avait pas de poubelles dans la ville. Je collais des autocollants "Barbares, changez!" sur tous les feux de signalisation de Bruxelles. J’ai fait prendre conscience au pouvoir politique de l’époque et aux citoyens que c’était scandaleux. Grâce à cette action, la région Bruxelloise a donc fait un appel d’offres pour placer des poubelles dans la Ville. C’est un premier acte gratuit et citoyen de ma part. J’ai également fait ma promotion pour cet événement.
J’ai investi toutes mes économies dans cette campagne qui m’a immédiatement médiatisé.  Je suis passé par tous les médias : presse, radio et télé. Grâce à cette médiatisation, j’ai été engagé dans une agence de pub  "K Com Communications" pour laquelle j’ai crée plein d’événements dans la pub. C’était une époque en or car c’était le début de la communication événementielle. Je travaillais sur des très chouettes produits, dynamiques et funs (Perrier, Swatch, etc.).

Puis de fil en aiguille, je suis arrivé dans le monde de la nuit. On m’a donné une nouvelle mission : reprendre la gestion du Mirano. Vu la série d’actions très branchées que j’avais lancées pour ces grandes marques que je viens d’évoquer et pour le Festival du Film de Bruxelles, les responsables de cette discothèque m’ont demandé d’insuffler un nouveau souffle au sein de la boîte. J’avais déjà un profil de gars de la nuit car j’ai toujours travaillé dans les bars branchés de la capitale depuis mes 17 ans. Cela s’inscrivait dans une logique de continuité. Le matin, je travaillais dans l’agence de communication. A midi, pendant mon heure de table, je vendais des pitas au "Petit Yoyo" sur le campus de l’ULB. L’après-midi, je retournais à l’agence et, le soir, je travaillais dans un bar rue Américaine jusqu’à trois heures du matin. Et le lendemain, rebelote. Toute ma vie fut ainsi.
 
Je suis donc rentré au Mirano. Puisque la mécanique acquise dans la pub continue à s’appliquer dans cet autre environnement, très rapidement, j’ai produit mes propres soirées. Et par conséquence, j’ai souhaité prendre mon autonomie. S’ensuit une parenthèse d’une dizaine d’années en tant que consultant pour le Parti Socialiste. J’ai été désigné pour chercher à concevoir ou aider à concevoir des projets innovants afin de mettre Bruxelles au même niveau que les autres capitales.

Waterloo Way : 09. En quoi le monde de la nuit t’attirait à l’époque ?
Carl de M. : J’aime la nuit depuis toujours. C’est lié à l’enfance. Quand j’étais gosse, j’écoutais la radio toute la nuit. France Inter à l’époque et puis avec le Web, France Culture, Europe 1. Encore aujourd’hui, j’écoute la radio toute la nuit.

Waterloo Way : 10. Dans quel réservoir vas-tu puiser les nouvelles idées à l’origine des événements que tu organises (Fête des Voisins, Fiesta Latina, Roller Parade, Truc-Troc) Tu devines les tendances. As-tu un sens de l’observation aiguisé ?
   Carl de M. : Non, je n’ai pas de règles. Il n’y a pas un calcul derrière les choses. Il y a des circonstances derrières elles mais je ne les "sens" pas. Ma vie a toujours été une histoire d'opportunités, de circonstances et de chances. En l’occurrence pour la Roller Parade, l’idée a surgit suite à une interdiction de rouler en skate au Mont des Arts. La Fête des Voisins, c’est pareil. Les terrasses de café étaient fermées à 18h. Les gens restaient chez eux tout le temps. L’idée est née pour pallier à ce manque de convivialité. Tout est toujours arrivé comme ça. Les idées se mettent en place doucement dans une mouvance qui libère la ville et les habitudes de chacun et se concrétisent suite à la conjoncture. Autre exemple. J’avais un pote à Paris et j’ai été le rencontrer pour lancer le mouvement "Immeubles en Fête" à travers toute l’Europe et chez nous. En quatre ou cinq ans, on a développé ce projet dans plus de 27 pays. Quant à moi, je m’occupe uniquement du territoire belge.
Cela est devenu "La Fête des Voisins".
 
 Aujourd'hui, on peut constater que la Ville s'est réveillée et que les gens n’ont plus peur d’entreprendre.
 
Ils se disent : on peut entreprendre sans que cela devienne un problème. De cela a émergé d’autres d’initiatives. On a ouvert le marché.

Les gens se sont sentis libérés et subitement, tout devient possible. Ce n’est jamais qu’un état d’esprit mais c’est super important l’état d’esprit, cela permet aux gens d’avoir de l’ambition et d’avoir envie d’aller de l’avant.
   Autre exemple. Le "Truc-Troc".

C'est un événement que mon père a lancé il y a 30 ans. Il était pour la démocratisation de l’Art. Il était sculpteur de métier (et ma maman, peintre). Mes parents ont toujours été "anti-galeristes". Ils n’ont jamais exposé en galerie pour ses principes-là. C'est en 1972 exactement que la Galerie de Prêt d'Oeuvres d'Art (GPOA en abrégé) a été fondé par mon père dans le cadre magnifique du château Malou. Et pour dynamiser cette galerie, il a crée des événements dont "Truc-Troc" qui au départ consistait à échanger des appareils ménagers, une télé, un séjour en Espagne, un appareil photo, et bien d'autres choses encore avec des œuvres d’art. Pas d’argent. Puis les années passent et l’idée resurgit à l’occasion d’une demande. Aujourd’hui, "Truc-Toc" est à sa cinquième édition. Le principe reste identique : pas d’argent. Il suffit simplement de faire la proposition sur un post-it que l’on dépose à côté de l’œuvre.


Waterloo Way : 11. Peux-tu nous donner tes adresses de prédilection ? Shopping, bars, restos … à Waterloo ou dans la région ?
Carl de M. : Essentiellement chez des gens qui t’accueillent convenablement avec respect. C’est mon critère numéro un. Cependant, je vous conseillerai une seule adresse : le "WOO". Nouveau resto sympa (salades & pittas) à Waterloo. Ouvert tous les jours même le dimanche soir ! + Take-away. Découvrez la carte sur www.pitta-woo.be

Waterloo Way : 12.  Quel métier n’aurais-tu pas aimé faire ?
Carl de M. : Médecin, architecte ou toute autre discipline nécessitant trop d’années d’étude.

Waterloo Way : 13. Ton site internet de prédilection ?

Carl de M. : GOOGLE, c’est le bottin du monde. Besoin d’un mot à traduire, L’orthographe, la conjugaison ou encore les synonymes, tu cliques sur Google.

Waterloo Way : 14. Si je te baptise ou surnomme « Le Ket qui fait bouger et danser Bruxelles », comment réagis-tu ? On a pu lire, d’ailleurs, dans la presse ceci : "Je veux être celui qui fait bouger la culture !" (Carl de Moncharline, 05/2004)
Carl de M. : Ce n’est pas la première fois qu’on me le dit. Je me suis moi-même appelé comme cela. J’ai toujours envie de faire changer les choses, j’ai envie d’un modèle de vie plus à l’américaine où les gens se respectent, s’épanouissent et entreprennent avec plaisir quoi que ce soit, non seulement dans le monde de l’entreprise, mais aussi dans leurs loisirs ou leurs quartiers. Tout ce que je fais, je le fais juste pour procurer du plaisir. Ce qui m’ intéresse, c'est d'avoir une chouette vie, c'est aussi simple que ça.

Waterloo Way : 15. Carl de Moncharline, un agitateur ? Un agitateur d’idées ?
Carl de M. : On va dire plutôt un agité (rires). Toute ma vie a été de travailler le jour comme la nuit. Ma devise ? 'La vie est trop courte que pour n'accorder de l'intérêt qu'à la sienne.' L'essentiel dans l'action c'est de faire des choses que l'on peut partager avec les gens et d'être content de ce qu'on réalise.
 
Waterloo Way : 16.  Quel fut pour toi ton plus grand succès, ta plus grande réussite ?
Carl de M. : Ma vie, ce n’est pas un ‘plus grand succès’, ce sont des succès au quotidien. C’est un cheminement. Exemple : à 18-19 ans, quand j’ai reçu les clés du Mirano et que je suis rentré dans ce cadre magnifique qui est un ancien cinéma des années cinquante avec un cachet hallucinant, quand tu es un gamin et que tu vois ça, tu trouves ça génial, fabuleux. Puis, c’est ton premier flyer qui arrive. Tu l’attends impatiemment et quand il est là, tu te dis : ‘waouw !’ Etc, etc. Toute ma vie a été une succession de petits ‘waouw’ de ce genre-là. Et ils ont tous une signification particulière à un moment donné de ma vie. C’est comme ta première carte de visite, tout le monde en est fière de sa première carte. La preuve : on la montre à ses parents, à tout le monde. Tandis que la seconde carte de visite, non. En ayant une attitude vierge, tu vis des émotions à un moment bien précis qui donnent du sens à ta vie. Dans cette succession d’émotions que tu vis en permanence, laquelle est la meilleure ? Aucune. Elles ont toutes leur charme. Toutes ont été significatives pour moi.

Waterloo Way : 17.  Qu’est ce que tu aimes qu’on dise de toi ?

Carl de M. : le moins possible (rires).

Waterloo Way : 18.  La dernière fois que tu t’es dit : « C’est la dernière fois » ?

Carl de M. : Quand je me suis engagé en politique (rires) avec mes propres valeurs sur un terrain difficile car il faut tenir compte de plusieurs courants, je me disais parfois : "C’est la dernière fois". C’est un combat difficile que celui de défendre ses valeurs car on doit se battre contre sa base, contre son parti, contre des gens en interne pour convaincre les citoyens. Partout dans le monde, d’ailleurs, on se bat ou se tue pour des valeurs. Cela n’est pas négligeable. Forcément, il y a toujours des gens qui vont se mettre en opposition à tes idées. Et là, clairement, tu te dis parfois: "C’est la dernière fois". Parce que c’est fatiguant. Mais, malgré tout, tu continues car tu sais à quel point cela peut avoir des incidences constructives pour l’épanouissement de ta ville.
 

Waterloo Way : 19. Quel est ton mot favori ?
Carl de M. : le plaisir (rires)
 
Waterloo Way : 20.  La chanson que tu siffles sous la douche ?
Carl de M. : C’est tributaire des comptines apprises par mon fils de 2 ans. Exemple : ce matin, il commence deux-trois bribes "petit canard". C’est le genre de chansons que je fredonne. J’ai pas de gimmik. En plus dans la house et la techno, c’est difficile d’avoir des gimmiks (rires) !
 
Waterloo Way : 21. Quel est le bonheur parfait, selon toi ?
Carl de M. : Le bonheur parfait pour moi, c’est l’équilibre que tu peux avoir par rapport à toi-même qui est le premier combat à gagner. C’est-à-dire être bien avec soi-même. Quand tu n’es pas bien avec toi-même, c’est difficile d’aider les autres à être eux-mêmes ou d’être bien avec la société qui t’entoure. Le premier combat, c’est celui-là. Atteindre son équilibre par rapport au monde qui t’entoure, d’être bien dans ta peau, c’est unique d’arriver à cela.

Propos recueillis par Mary Gasparoly - 02 février 2009

 

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