Étienne Verdin, l'écoute au coeur de sa médiation

1410 Waterloo


Description

Waterloo Way a rencontré Étienne Verdin, Président du Centre Public d'Aide Sociale (C.P.A.S.) de Waterloo depuis 2001, Conseiller communal depuis 1989, membre du Collège communal de Waterloo en charge du logement et de l'emploi depuis 2007. Sa passion ? Communiquer. Sa volonté d'agir, c'est s'ouvrir aux idées des autres et travailler en chœur pour Waterloo et ses habitants. Étienne apporte une énorme contribution à la vie sociale de notre commune, c'est l'artisan d'un monde en pleine mutation ! L'écoute est au cœur de sa médiation. A nous de prêter l'oreille à sa mission ...
 
 
Waterloo-Way - 01. Est-ce la politique qui est venue à vous ou plutôt vous qui êtes venu vers elle ?
Étienne Verdin - C'est la politique qui est venue à moi. C'est un problème d'égouttage dans ma rue qui a fait que j'ai réagi et que j'ai commencé à participer à la vie de la collectivité. Je me suis rendu compte qu'il y avait des décisions à prendre, qu'il y avait un pouvoir à influencer. Et cela m'a beaucoup plu. J'ai continué à m'impliquer dans le sens où j'ai pris conscience que cela pouvait être un service à tous les citoyens et un moyen d'attirer l'attention des autorités sur un certain nombre de problèmes qui étaient parfois ignorés. Notamment l'égouttage à Waterloo à l'époque. Il y a déjà 22 ans.
 
Waterloo-Way - 02. A quoi accordez-vous le plus d’importance dans votre travail? 
Étienne Verdin - Pour moi, le travail, c'est surtout être heureux de pouvoir le faire. On oublie l'essentiel. La notion de bonheur, c'est quand même ce pourquoi on est là, donner un sens à ses activités, donner un sens à son travail, cela est primordial.
 
Waterloo-Way - 03. Quelle est la dimension que vous aimez le plus dans votre métier ?
Étienne Verdin - J'aime bien l'aspect relationnel, le contact avec les gens, l'aspect pédagogique, la mise en valeur d'une économie globale d'un sujet plutôt que de s'arrêter sur des éléments mesquins ou très distincts.
 
 
Waterloo-Way - 04. Y a-t-il une règle d'or à respecter en politique ?
Étienne Verdin - On ne peut pas tout dire. En diplomatie, on ne peut pas tout dire non plus. Le tout, c'est de respecter les gens, surtout de se respecter soi-même par rapport à son engagement. Mais fondamentalement, parfois, il faut préserver certaines choses pour préserver l'essentiel.
 
 
Waterloo-Way - 05. Comment se porte aujourd’hui le CPAS de Waterloo? En ressent-il fortement la crise ? Est-il privilégié par rapport aux autres communes?
Étienne Verdin - Nous sommes privilégiés par rapport aux autres communes dans la mesure où il y a une très bonne cohérence entre l'administration du C.P.A.S (les membres du personnel étant en première ligne dans leur mission vis à vis des citoyens) et les politiques. Conséquence ? Nous avons des résultats relativement intéressants et des réussites notamment pour des cas individuels, ce qui est satisfaisant dans ce domaine du quotidien touchant l'humanité.
 
Quant au bilan de santé, il est très positif puisqu'il y a dix ans ... Je crois que le C.P.A.S n'a jamais été en boni depuis son existence. A l'époque, je me souviens, on était dans le rouge, sous la barre du zéro. Et maintenant, on la dépasse depuis dix ans et pour l'année 2012, ce sera pareil.
 
Waterloo-Way - 06. Comment évoluent vos trois préoccupations majeures en cette année 2012 ?
Étienne Verdin - 01. La politique concernant les réfugiés politiques. Il y a eu des accords du gouvernement fédéral à ce sujet mais c'est l'inconnue par rapport à nous. Cela a un impact direct au niveau des C.P.A.S. Puisque nous acceptons un grand nombre de primo-arrivants, c'est extrêmement lourd humainement parlant puisque nous sommes confrontés à des situations difficiles.
 

02. La deuxième préoccupation, c'est la situation sociale générale, c'est également l'inconnue. Nous avons de plus en plus de gens qui ont besoin de notre aide alors qu'ils travaillent, qui ne parviennent pas à vivre dignement. C'est chaque fois une analyse sociale, un travail de fond, un coach à l'appui en sachant qu'il n'y a pas que l'élément financier qui joue dans la société d'aujourd'hui. Tout ce qui concerne la santé mentale, notamment, est un facteur excessivement important pour lequel nous intervenons très souvent. Exemple, la gestion budgétaire d'un individu ou d'une famille. Nous négocions dans le fait de simplement gérer ses affaires, ce n'est pas une aide financière, c'est une aide en tant que telle. Nous déployons une panoplie d'aides différentes de ce type que nous devons assurer


03. La dernière préoccupation, c'est le vieillissement de la population. Au fur et à mesure des années qui passent, on constate que nous vivons de plus en plus longtemps. Les problèmes sont de plus en plus nombreux, le nombre de personnes âgées ne cesse d'augmenter. Il y a tout ce qui concerne la mobilité, l'autonomie et l'isolement. C'est la raison pour laquelle ces dernières années, nous avons fortement développé les services d'aide à domicile parce que, bien sûr, aider quelqu'un à domicile, coûte beaucoup moins cher à la société et est beaucoup plus intéressant, en général, pour l'individu que rentrer dans une structure comme une maison de repos.

Waterloo-Way - 07. Le Centre du Troisième Âge ou la maison de repos ''Le Gibloux'' est un des services du Centre Public d’Action Sociale (C.P.A.S.) de Waterloo. Suite aux probables décisions du Gouvernement Fédéral, les C.P.A.S. invoquent la possibilité d'augmenter notamment le tarif en maison de repos. Qu'est-ce qui est prévu au Gibloux?

Étienne Verdin - Nous venons de prévoir une augmentation des tarifs pour les raisons suivantes:
-  Nous adaptons les prix par rapport à l'indexation.
- Nous adaptons les tarifs par rapport aux services que nous rendons (extension de la rénovation du bâtiment, modification du type de chambre). Nous pouvons pas maintenir les prix de nos anciennes chambres à quatre lits. Aujourd'hui, nous avons des chambres plus confortables respectant les normes imposées par le Fédéral et de la Région Wallonne.

Cependant, deux points retiennent mon attention.
- Avant toute décision en la matière, nous faisons toujours une évaluation de toutes les maisons de repos du Brabant Wallon, en analysant également celles du public et des C.P.A.S. en particulier. Cette étude est réalisée de manière à ce que l'on soit toujours ''concurrentiels''. 80% des résidents sont des payants complets. Toutes les catégories sociales sont représentées au ''Gibloux''. Le service social intervient pour les 20% restants.
- Nous sommes performants en terme de qualité de vie au ''Gibloux'' mais cela a un certain coût pour lequel le C.P.A.S. et la Commune interviennent. Nous misons sur le fait, et c'est une volonté politique bien déterminée à Waterloo, que nos aînés soient particulièrement bien encadrés. Et c'est heureusement le cas.

Waterloo-Way - 08. La préoccupation du logement est primordiale à Waterloo comme ailleurs. A ce sujet, que devient le projet situé en face du Waterloo Office Park ? Sur le terrain situé à gauche de l'Allée du Petit Paris, à quelques encablures du domaine d'Argenteuil ?
Étienne Verdin - En effet, la Régie Foncière Provinciale du Brabant Wallon se propose de racheter le terrain vendu par la Régie des Bâtiments et envisage de construire un certain nombre de maisons et d'appartements. Il y a eu une réunion publique avec Mathieu Michel, député provincial, Serge Kubla, notre bourgmestre et moi-même afin d'expliquer aux riverains (suite à la pétition de 250 personnes) ce qui l'en était. Il s'est avéré, à la fin de la réunion, que les gens étaient positifs quant au projet annoncé principalement par Mathieu Michel. Pourquoi? Parce que ce projet recouvrant cette zone serait alors examiné par la Commune et la Régie Foncière Provinciale du Brabant Wallon. Il serait bien intégré par rapport aux riverains pour lesquels nous avons un respect. Nous sommes en phase de projet et pas encore de réalisation.

Waterloo-Way - 09. En quoi consiste le concept Bella Vita à Waterloo ? En quoi est-il unique et novateur en Belgique ?


Étienne Verdin - Ce complexe intergénérationnel (65 % de plus de 55 ans), avec services communs, accueillera ses premiers résidents dès septembre 2014. Il consiste en une réaffectation du site de l’ancienne ferme école de l’IMP (Institut médico-pédagogique), situé drève des Dix Mètres, étendu sur 15 ha, dédicacé principalement au 3è, 4è et 5è âge. A l'origine du projet, notons la volonté du bourgmestre, Serge Kubla, d'expérimenter ce genre de démarche. Le but est d'assurer le bien-être de tous, générations confondues et futures incluses. Cette démarche fait écho à nos savoir-faire, nos études en la matière. Nous avons calculé le nombre de nonagénaires qu'il y aura d'ici l'année 2050 et identifié le type de besoins réels.
 
 
L'asbl Belle Vita s'articule autour de quatre objectifs principaux :
1. Le maintien de minimum 35% des habitants ayant moins de 55 ans.
2. Le site sera ouvert au public dans le sens où il n'y aura pas un gardien à l'entrée.
3. Beaucoup de services seront mis en œuvre, principalement pour les personnes âgées.
4. Tout sera orienté aux 4è et 5è âges. Il y aura priorité en termes :
- de type d'habitation,
- de domotique,
- d'aménagement de la voirie. La vitesse sera limitée. Des zones 30 et 5 délimiteront ce périmètre urbain.
Ce sera vraiment très novateur en tant que tel. Non seulement dans le sens du concept mais également au niveau de l'importance du complexe : 269 logements seront prévus.
 
 
10 points à retenir
01. Il y aura une maison de repos (109 lits).
02. Un centre de remise en forme (piscine intérieure, salle polyvalente ...).
03. Une résidence service, formule intermédiaire entre le maintien à domicile et le séjour en maison de repos (50 flats).
04. Un centre de soins adaptés, géré par les Cliniques de l'Europe.
05. Des logements individuels groupés en quartiers.
06. Des commerces : un coiffeur, une crèche, une supérette, une épicerie de quartier; une bibliothèque, un mini-club; un club de bridge, un prestataire de services relatifs aux voitures partagées (Cambio), des navettes vers le centre ville, des aires de jeux pour les enfants, les jeunes et les adultes, etc.
07. La maison des associations aura ses propres bureaux et un restaurant accessible au public.
08. Le maintien des bâtiments actuels dans leurs concepts et valeurs historiques au niveau architectural (pigeonniers, etc) sera assuré. L'ensemble va être réhabilité au goût du jour.
09. Des économies d'énergie seront effectuées sur les nouvelles constructions. L'accent sera mis sur les 'basses énergies''. Il y aura un chauffage urbain.
10. La coresponsabilité sera le maître-mot. Pour favoriser la cohabitation, le promoteur, la commune et les riverains se sont mis d'accord sur une charte de vie précisant que le locataire ou le propriétaire domicilié à Belle Vita participera à la vie commune sur ce territoire. Ces notions d'implication personnelle et de services sont novateurs, c'est un véritable pied de nez à l'individualisme. L'objectif est également de pouvoir avoir accès rapidement aux personnes âgées. Par exemple, en cas de précipitations hivernales, il sera plus aisé de livrer les repas à domicile.
 
En 2050, le nonagénaire sera encore en forme, désirant vivre de manière autonome dans son appartement. Mais le jour où il faudra remplacer une ampoule au-dessus de la baignoire, il fera appel à un électricien du site. Dentistes, kinésithérapeutes seront à portée de main. Envie de jardiner ? Un potager communautaire sera à la disposition des habitants ainsi qu'un verger et une zone favorisant la biodiversité.

L'ensemble du site sera conçu de manière à ce que chacun puisse maintenir son autonomie et sa discrétion tout en pouvant s'impliquer à une vie sereine et collective. L'intégration dans le complexe est importante dans la mesure où les riverains pourront accéder en priorité aux services et en profiter.
 
Pour en savoir plus, un site internet a été spécialement réalisé à cet effet : Bella Vita
Album photos à consulter sur le blog d'un Waterlootois: waterloo.blog
 

Waterloo-Way - 10. Le mot de la fin ?

Étienne Verdin - "J'ai le soucis de :
- rester ouvert
- de veiller à l'intérêt général
- de veiller à l'intérêt de chacun
- d'être disponible
- de maintenir la volonté de toujours prendre en charge toute la collectivité avec un sens des responsabilités.
 
 Je tiens à remercier Mary Gasparoly pour cette interview qu'elle m'a accordée.
 
Pour terminer, j'ajouterai un élément fondamental.
Ce que vous avez mis en place, via le site internet, Waterloo-Way, est à voir comme un modèle de projet d'avenir. Dans le sens où ce site a le rôle de fédérer les petites entreprises, les artisans ou les commerçants au profit des services que l'on a vis-à-vis de la population et de la politique économique de l'emploi à Waterloo.
Ce concept est d'autant plus intéressant dans la mesure où l'économie a pris une place déterminante dans la vie des Waterlootois. Un média alternatif fort de son expérience en matière de réseau (''networking'') et de ses services de communication contribuant à associer les commerces concernés par une situation économique peu évidente et à développer avec eux une collaboration fructueuse."
 
A l'instar du journaliste, Jean-Luc Hoste qui a écrit à la naissance de waterloo-way.be ceci : ''Site devenu incontournable en cas de recherche…  Y détenir une page, de la part d’un commerçant, devient quasi indispensable !''
 

Pour en savoir plus, consultez le site etienneverdin.be

Propos recueillis par Mary Gasparoly pour Waterloo Way - 16/09/12

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